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Obligation de rendre compte des actions subventionnées

Lundi, juin 22nd, 2009

L’arrêté du 11 novembre 2006 vient modifier les obligations déclaratives des associations bénéficiaires de subventions allouées à un projet particulier.

L’association bénéficiaire doit produire un compte rendu financier, constitué d’un tableau des charges et des produits affectés à la réalisation du projet ou de l’action subventionnée. Le tableau des charges et des produits est issu du compte de résultat de l’organisme. Il fait apparaître les écarts éventuels, exprimés en euro et en pourcentage, constatés entre le budget prévisionnel de l’action et les réalisations.

Il est bien-entendu qu’il s’agit du budget prévisionnel qui avait été fourni à l’appui de la demande de subvention.

Ce qui est nouveau, c’est que l’association doit produire en annexe à ce compte-rendu une note expliquant les écarts entre le prévisionnel et le “réalisé”. L’administration se donne ainsi un moyen de contrôler -a posteriori, certes- le sérieux.

On sait que le dispensateur des fonds publics bénéficie toujours de la possibilité de réclamer la restitution des subventions si leur utilisation n’a pas été conforme au projet annoncé.

Inviter les dirigeants à analyser et justifier les écarts de réalisation relève d’une intention louable mais elle ne présente d’intérêt concret que si elle se situe dans une optique d’accompagnement et de conseil.

Or, à ma connaissance, notre administration ne dispose ni des ressources humaines, ni des moyens techniques qui lui permettraient d’assurer un suivi individualisé des projets financés.

Cadre règlementaire des subventions publiques

Lundi, juin 22nd, 2009

Il semble que tous les premiers ministres soient condamnés à laisser leur nom à une circulaire relative au versement des subventions associatives ; après MM. Jospin (circulaire du 1er décembre 2000) et Raffarin (circulaire du 24 décembre 2002), Dominique de Villepin se fend à son tour d’un texte (circulaire du 16 janvier 2007)pour admonester son administration et l’inviter à….respecter les précédentes circulaires.

Ce texte comme les précédents apporte son lot de nouveautés, un ensemble de dispositions qui vont incontestablement dans la bonne direction. Malgré tout, on évitera de se réjouir trop vite. Ceux qui sont présents sur le terrain savent que dans le domaine de l’attribution des subventions aux associations, il existe une importante distorsion entre la lettre de la réglementation et la pratique du quotidien.

Les principes de la circulaire de 2000

Dès que le montant annuel de la subvention dépasse 23.000 €, les administrations sont invitées à conclure une convention pluriannuelle.
Pour le versement de la subvention annuelle, l’association sous convention peut demander à recevoir avant le 31 mars 50% de la somme promise pour l’exercice. Avec la LOLF, plus rien ne devrait s’opposer au versement de cet acompte.

Autre voeux pieux réaffirmé, l’instauration d’un interlocuteur unique, référent pour toutes les questions touchant aux subventions et à l’évaluation des acteurs associatifs.

Les nouveautés

Les conventions pluriannuelles peuvent désormais avoir une durée de quatre ans. Cette nouvelle possibilité est ouverte notamment lorsque la phase d’évaluation à l’issue de la convention risquerait d’induire une interruption du financement public.

Dans le cadre de la convention pluriannuelle, l’association peut obtenir désormais un financement ferme de l’Etat sur la durée de la convention. Cette garantie de recettes (d’un montant maximum de 75% du cumul des subventions prévues à la convention) est fixée au cas par cas dans le cadre d’un plan pluriannuel de financement.

Je note au passage que cet engagement ferme de l’Etat sur une durée de trois ou quatre ans contribue exactement à augmenter l’horizon financier des associations, comme je le réclamais ici. L’application effective de cette mesure constituerait un programme notable pour bon nombre de structures. Fort de cette garantie de ressources, les associations les plus tributaires du court terme pourraient envisager de sécuriser un peu plus leur modèle économique.

NB : En annexe de la circulaire figure un nouveau modèle de convention pluriannuelle.

Comment identifier le bon interlocuteur (services de l’Etat) ?

Lundi, juin 22nd, 2009

Nous avons déjà signalé dans ces colonnes que la plupart des petites et moyennes structures ne bénéficient d’aucune subvention.

Cette faible dilution des aides de l’Etat versées au tiers secteur s’explique notamment par la difficulté des associations à cibler le bon interlocuteur parmi des administrations nombreuses dont la typologie des activités n’est pas toujours très lisible. Découragées par une organisation (exagérément) décrite comme byzantine, de nombreuses associations renoncent à solliciter le soutien des pouvoirs publics, alors que leur action leur permettrait de prétendre à une subvention.

Comment identifier le bon interlocuteur ? Comment formuler les chantiers de l’association de manière cohérente, par rapport aux objectifs de politique publique ? Comment documenter l’utilité sociale du projet associatif ? Autant de questions qui restent souvent sans réponses.

Ce handicap devrait désormais être surmonté plus facilement. Depuis la Loi Organique sur les Lois de Finances (LOLF), toute action de l’Etat et de ses administrations est formulée par écrit, codifiée de manière précise, et cela quel que soit le secteur ou l’échelon concerné.

Avec la LOLF, les pouvoirs publics affichent désormais de manière explicite les objectifs qu’ils poursuivent, leurs modes d’action et les résultats obtenus ; l’objectif est de rationaliser l’action publique et de la rendre plus transparente aussi. Le financement étatique du secteur associatif n’échappe pas à cette nouvelle exigence : toute subvention attribuée à une association 1901 doit trouver sa légitimité dans une mission de service public, un programme ou une action mené par l’administration dispensatrice de la subvention.

Cette meilleure lisibilité de l’action publique facilite la recherche de partenariats avec les administrations centrales et les services déconcentrés de l’Etat. Pour trouver un partenaire ou monter une demande de subvention, les documents de présentation des grandes missions de l’Etat et de ses programmes d’action constituent une ressource précieuse.

Commencez par vous positionner dans la typologie budgétaire. Le budget est structuré en missions, programmes et actions.

La mission, ministérielle ou interministérielle, est “un ensemble de programmes concourant à une politique définie”.

Les programmes sont les regroupements de “crédits destinés à mettre en oeuvre une action ou un ensemble d’actions relevant d’un même ministère et auxquels sont associés des objectifs précis, définis en fonction de finalités d’intérêt général, ainsi que des résultats attendus et faisant l’objet d’une évaluation”.

Les actions décrivent le contenu du programme et regroupent des crédits ayant la même finalité.

Regardez par exemple ici dans la présentation synthétique de la mission Santé, avec son découpage en trois grands programmes se répartissant près de 400 millions € de crédits :

- Le programme « Santé publique et prévention » vise à assurer le pilotage de la politique de santé publique et à développer la prévention sanitaire et d’éducation à la santé, sous l’autorité de la direction générale de la santé.
- Le programme « Offre de soins et qualité du système de soins » a pour finalité d’adapter le système de soins à la demande, dans le respect des contraintes d’environnement juridique, économique et sanitaire. Il est piloté par la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins.
- Le programme « Drogue et toxicomanie » vise à réduire l’offre et la consommation de drogue dans notre pays, sous l’impulsion de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT), rattachée au Premier ministre.

Le candidat à un financement d’Etat doit être capable de situer son projet associatif dans le sillage des pouvoirs publics. Les documents LOLF seront d’un précieux soutien pour identifier les objectifs des politiques publiques et formuler les chantiers de l’association en cohérence avec eux.

Le répertoire des missions, programmes et actions de l’Etat est en ligne ici sur finances.gouv.fr.