Recruter et fidéliser les bénévoles

juin 22nd, 2009 by admin

Ces idées reposent toutes peu ou prou sur le constat que je mentionnais dans l’article cité plus haut : l’engagement des bénévoles associatifs est de moins en moins motivé par l’altruisme et de plus en plus par la recherche d’un épanouissement personnel.

Proposer une opportunité personnelle plutôt que de remplir une fonction

Dans tous les contextes de recrutement, les dirigeants ont tendance à privilégier une approche fonctionnelle des missions et taches proposées aux futurs bénévoles, autrement dit ils expliquent à quoi les bénévoles vont servir dans l’organisation associative, à quel point les fonctions proposées sont indispensables pour le bon fonctionnement de la structure, etc. Le discours généralement entendu est le suivant : “il nous manque des bénévoles pour faire ceci, pour faire cela”.

Rien de bien motivant là-dedans, hormis le sentiment de rendre service (qui est nécessaire mais pas toujours suffisant pour déclencher le passage à l’acte).

L’engagement du bénévole devrait plutôt lui être décrit en termes d’enrichissement personnel, en lui racontant les opportunités qui s’ouvriront à lui s’il rejoint l’association et s’associe à son action. Pour ce faire, les dirigeants doivent s’intéresser un peu plus aux motivations de leurs “troupes”, à ce que la structure et les activités associatives ont apporté aux personnes qui y ont contribué.

Confiance en soi, autonomie de décision, aisance à communiquer, aptitude à créer du lien social ; quels sont les apports des activités associatives aux personnes qui y participent ? Attachez-vous à créer des motivations positives, à formuler les missions confiées au bénévole en terme de développement personnel et d’épanouissement.

Donner/actualiser des perspectives à l’engagement du bénévole

Passé un certain laps de temps, le bénévole se fatigue, se démotive puis disparaît. Souvent, on n’a pas compris pourquoi il a quitté le navire sans crier gare. Comme le salarié, le bénévole a besoin de perspectives; même si ses fonctions lui conviennent et qu’il prend visiblement du plaisir à les accomplir, le bénévole doit savoir qu’il n’est pas condamné à occuper toujours la même place dans la structure. Rien n’est plus désespérant que les situations qui paraissent immuables.

Il faut donc suivre les bénévoles attentivement, détecter les motivations qui faiblissent et réagir en proposant de nouvelles missions, un nouvel horizon à l’engagement associatif.

Contractualiser l’engagement associatif

En complément des deux idées précédentes, il faut reconnaître au bénévole une contrepartie à son engagement associatif, le droit d’en retirer ce qu’il est venu y chercher. Cet échange doit faire l’objet d’un contrat, -pas forcément au sens juridique du terme, un document écrit et contraignant-, mais plutôt un engagement réciproque entre l’association, représentée par ses dirigeants, et le bénévole.

Soit Monsieur X, par exemple, de formation comptable et financière, motivé par un engagement associatif qui lui permettrait d’exercer ses compétences dans un cadre autre que le secteur marchand et l’association Y, dans la nécessité de restructurer ses finances et d’organiser un système d’informations comptables. Si les dirigeants de l’association pensent qu’ils ont trouvé un trésorier et que le problème de la tenue de la comptabilité est réglé, ils se trompent et courent le risque de voir Monsieur X se fatiguer rapidement d’avoir à classer les factures et saisir au kilomètres des écritures sur un logiciel comptable bas de gamme. Monsieur X n’est pas venu pour çà : aux dirigeants de trouver une solution pour la saisie des écritures au quotidien, Monsieur X doit pouvoir se consacrer à ce qui motivait son engagement, la réorganisation comptable et financière de l’association.

Pratiquer le Team Building

Le Team Building, c’est cette pratique de management issue de l’entreprise qui consiste à renforcer la cohésion du groupe. Travailler ensemble ne suffit pas. Les dirigeants doivent multiplier les occasions de partage et d’échange entre bénévoles hors contexte : repas de fin d’année, petite réunion de debreefing et d’auto-congratulations à l’issue des chantiers. Plus le lien social à l’intérieur de l’association sera fort, plus les bénévoles s’attacheront à leur structure.

Intégrer conjoints, amis et enfants

Trop souvent, le bénévole est mis en situation d’arbitrer entre son engagement associatif et le reste de sa vie privée. Je me souviens d’un président qui faisait littéralement “la gueule” lorsque je venais avec ma fille (pourtant adolescente et toute disposée à donner un coup de main) pour tenir la billetterie de notre petite association de spectacles.

Le bénévole a un conjoint, une famille, des amis qu’il peut avoir envie de temps à autre d’associer à ses activités associatives, lorsque le contexte le permet. Les dirigeants doivent être ouverts à ce genre d’initiative et réserver le meilleur accueil aux proches des bénévoles.

Favoriser la circulation des bénévoles à l’intérieur et à l’extérieur de l’association

Voilà maintenant un an ou deux que Monsieur X (celui de tout à l’heure) travaille à l’organisation comptable et financière de l’association, le chantier touche à sa fin, l’essentiel du travail a été réalisé et les visites de Monsieur X commencent à s’espacer.

Si rien n’est entrepris, Monsieur X va finir par disparaître, convaincu que le travail étant effectué, il n’a plus sa place dans la structure. Il suffirait peut-être d’identifier d’autres attentes et de lui proposer de nouvelles missions (voir plus haut) : des missions dans l’association mais -pourquoi pas- auprès de l’union départementale ou de la Ligue régionale, voire chez des associations voisines.

Les dirigeants décrivent les bénévoles d’aujourd’hui comme volages ; ils n’hésitent pas à s’engager sur plusieurs fronts mais peuvent quitter une structure du jour au lendemain, si elle ne comble plus leurs attentes.

Mutualiser les besoins de compétences entre associations voisines

Cette mobilité du bénévole doit être prise en compte par le tiers secteur dans son ensemble. Si les associations d’une même région mutualisaient sur une place commune leurs besoins, les bénévoles pourraient circuler plus facilement d’une association à l’autre.

Vis-à-vis de ces personnes en quête d’action et de changements qu’une seule association ne parvient pas à fidéliser, il faut organiser une mobilité inter-associative, leur permettre d’exercer leurs talents et compétences dans différentes structures.

Régime fiscal des associations de coopération internationale

juin 22nd, 2009 by admin

De nombreuses “petites” associations en France parrainnent des projets de solidarité internationale à destination des pays du Sud : construction d’école, mise en place d’infrastructures vitales dans les villages, etc…

Ces petites “ONG” résultant de l’initiative privée se financent souvent par les dons collectés auprès des particuliers.

Une réponse ministérielle (rép. Lequiller n° 89655, JO AN du 20 juin 2006) vient de préciser le régime fiscal de ces dons et mettre fin à l’insécurité juridique dans laquelle se trouvaient nombre de structures à propos de la possibilité d’émettre pour ces dons des reçus fiscaux au titre de l’article 200 du CGI.

Les dons effectués au profit de ces associations impliquées dans des projets de solidarité internationale peuvent ouvrir droit à la réduction d’impôt dans la mesure où les conditions suivantes sont remplies :

- la gestion de l’association est désintéressée (au sens fiscal du terme, voir l’instruction de 1998 ici),

- les activités de l’association ne présentent pas de caractère lucratif (voir également la même instruction),

- l’association doit définir et maîtriser le programme à partir de la France,

- l’association doit financer directement les actions entreprises et être en mesure de justifier des dépenses qu’elle a exposées pour remplir sa mission.

Ces deux dernières conditions supposent que les fonds perçus soient versés sur des comptes bancaires de l’association et qu’en conséquence l’utilisation des fonds soit contrôlable à tout moment au moyen de sa propre comptabilité.

Obligation de rendre compte des actions subventionnées

juin 22nd, 2009 by admin

L’arrêté du 11 novembre 2006 vient modifier les obligations déclaratives des associations bénéficiaires de subventions allouées à un projet particulier.

L’association bénéficiaire doit produire un compte rendu financier, constitué d’un tableau des charges et des produits affectés à la réalisation du projet ou de l’action subventionnée. Le tableau des charges et des produits est issu du compte de résultat de l’organisme. Il fait apparaître les écarts éventuels, exprimés en euro et en pourcentage, constatés entre le budget prévisionnel de l’action et les réalisations.

Il est bien-entendu qu’il s’agit du budget prévisionnel qui avait été fourni à l’appui de la demande de subvention.

Ce qui est nouveau, c’est que l’association doit produire en annexe à ce compte-rendu une note expliquant les écarts entre le prévisionnel et le “réalisé”. L’administration se donne ainsi un moyen de contrôler -a posteriori, certes- le sérieux.

On sait que le dispensateur des fonds publics bénéficie toujours de la possibilité de réclamer la restitution des subventions si leur utilisation n’a pas été conforme au projet annoncé.

Inviter les dirigeants à analyser et justifier les écarts de réalisation relève d’une intention louable mais elle ne présente d’intérêt concret que si elle se situe dans une optique d’accompagnement et de conseil.

Or, à ma connaissance, notre administration ne dispose ni des ressources humaines, ni des moyens techniques qui lui permettraient d’assurer un suivi individualisé des projets financés.