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Régime fiscal des associations de coopération internationale

Lundi, juin 22nd, 2009

De nombreuses “petites” associations en France parrainnent des projets de solidarité internationale à destination des pays du Sud : construction d’école, mise en place d’infrastructures vitales dans les villages, etc…

Ces petites “ONG” résultant de l’initiative privée se financent souvent par les dons collectés auprès des particuliers.

Une réponse ministérielle (rép. Lequiller n° 89655, JO AN du 20 juin 2006) vient de préciser le régime fiscal de ces dons et mettre fin à l’insécurité juridique dans laquelle se trouvaient nombre de structures à propos de la possibilité d’émettre pour ces dons des reçus fiscaux au titre de l’article 200 du CGI.

Les dons effectués au profit de ces associations impliquées dans des projets de solidarité internationale peuvent ouvrir droit à la réduction d’impôt dans la mesure où les conditions suivantes sont remplies :

- la gestion de l’association est désintéressée (au sens fiscal du terme, voir l’instruction de 1998 ici),

- les activités de l’association ne présentent pas de caractère lucratif (voir également la même instruction),

- l’association doit définir et maîtriser le programme à partir de la France,

- l’association doit financer directement les actions entreprises et être en mesure de justifier des dépenses qu’elle a exposées pour remplir sa mission.

Ces deux dernières conditions supposent que les fonds perçus soient versés sur des comptes bancaires de l’association et qu’en conséquence l’utilisation des fonds soit contrôlable à tout moment au moyen de sa propre comptabilité.

Exonération des services rendus aux membres (association “fermée”)

Lundi, juin 22nd, 2009

Pour les associations qui exercent une activité sportive, éducative, culturelle ou sociale, une possibilité d’exonération existe si l’association réserve son activité à ses seuls membres. Lorsque l’activité ou les activités ne profite(nt) qu’aux seuls adhérents, un régime d’exonération des impôts commerciaux s’applique aux recettes versées par les usagers/adhérents, celui des associations dites « fermées».

Le régime d’exonération sanctionne un état de fait ; aucune déclaration spécifique n’est requise

L’activité statutaire de l’association doit concerner l’exercice d’un sport (enseignement de la discipline sportive, mise à disposition des installations et de matériels ou équipements nécessaires à l’exercice du sport), ou bien revêtir un caractère éducatif ou culturel (par exemple, organisation de conférences, de concerts, de séances de théâtre ou de cinéma, de location de disques, de livres) ou bien encore social (par exemple, soutien à des enfants malades et à leurs parents).

La gestion de l’association doit être désintéressée , ce qui signifie notamment que les dirigeants ne doivent pas être rémunérés ou que leur rémunération doit rester inférieure aux 3/4 du SMIC.

Les prestations rendues par l’association doivent être réservées à ses adhérents. Cela suppose tout d’abord que l’adhésion soit obligatoire pour bénéficier des services de l’association et que « l’offre » de l’association ne comporte pas de possibilité de participation ponctuelle (carte à la journée, par exemple) à destination des non-adhérents. Le cas échéant, l’association doit pouvoir justifier des moyens utilisés pour s’assurer que seuls les adhérents bénéficient des services de l’association (contrôle d’accès, présentation d’une carte, etc).

Cette condition est interprétée strictement et les ayants droits des adhérents (conjoints, enfants) sont considérés comme des tiers. Cela conduit à proscrire les adhésions familiales et à ne prévoir que des adhésions individuelles.

Les adhérents auxquels les services de l’association sont réservés doivent être de véritables membres, avec toutes les prérogatives attachées à cette qualité.
Ainsi les adhésions de pure forme ou celles qui sont conclues pour une durée inférieure à l’année ne permettent pas de qualifier l’adhérent de véritable membre de l’association. Un aéroclub qui proposait des baptêmes de l’air s’est vu refusé le bénéfice de ce dispositif au motif que les membres adhéraient à l’association pour une seule journée et qu’ils n’exerçaient aucune prérogative généralement attribuée aux adhérents.

L’instruction fiscale précise que pour avoir réellement la qualité de membre, les adhérents doivent être convoqués aux assemblées générales et être éligibles au conseil d’administration de l’association.

Une dernière condition est mise à l’exonération : l’absence de recours à des méthodes commerciales de publicité. Cette condition est interprétée strictement.

L’exonération concerne l’ensemble des recettes de l’association, y compris les recettes des ventes accessoires (par exemple, les articles de sport pour les associations sportives), à condition qu’elles représentent moins de 10% des recettes totales de l’association. Par contre, l’exonération ne peut pas concerner les recettes tirées d’activités d’hébergement, de restauration, de bars ou de buvettes.

Stricto sensu, l’exonération ne concerne que la TVA mais grâce au système des exonérations liées, l’association « fermée » bénéficiera également d’une exonération d’IS.


Textes de référence

- Instruction fiscale du 16 décembre 2006
- CGI articles 261-7-1° et 207-1-5° b

Rescrit pour la délivrance des reçus fiscaux

Lundi, juin 22nd, 2009

Pour délivrer des reçus fiscaux, il suffit de remplir les conditions posées par l’article 200 du CGI ; point n’est besoin d’agrément ou d’autorisation préalable. Le système est donc très (trop ?) libéral, mais attention, l’association délivre les reçus sous sa responsabilité (et celle de ses dirigeants).

L’association ayant délivré des reçus alors qu’elle ne remplissait pas les conditions s’expose à une amende de 25% du montant des reçus illicites.

Pour cette raison, il vaut mieux prendre ses précautions avant d’émettre des reçus… et s’adresser à l’administration fiscale pour lui demander son avis. C’est possible avec la procédure du rescrit fiscal, organisée par l’instruction administrative du 19 octobre 2004 (en téléchargement ici). On interroge le correspondant départemental et celui-ic se prononce sur l’habilitation de votre association dans les 6 mois de la demande.

Cette instruction donne le modèle du document à adresser au correspondant départemental ; il faut joindre à la demande une copie des statuts. Voilà à quoi cela ressemble :

I – Identification de l’auteur de la demande

Nom, qualité, adresse, téléphone

II – Identification de l’organisme

- Dénomination

- Adresse du siège social (et des établissements )

- Objet statutaire

- Affiliation (fédération, groupement, fondation)

- Imposition aux impôts commerciaux : si oui, lesquels ?

III – Composition et gestion de l’organisme

- Nombre de membres (personnes physiques, morales, autres)

- Qualité des membres (droits de vote, convocations aux assemblées générales…)

- Noms, adresses et professions des dirigeants (préciser la fonction exercée au sein de l’organisme ; montant par dirigeant des rémunérations et indemnités annuelles)

- Salariés : nombre, rémunération, avantage en nature, fonctions éventuelles au sein du conseil d’administration.

IV – Activités exercées

- Lieu d’exercice des activités

- Activités exercées (à titre permanent, occasionnel)

- Modalités d’exercice (bénéficiaires des opérations, prix pratiqués)

- Description des projets en cours

V – Ressources de l’association

- Dons (indiquer le montant)

- Autres : cotisations, subventions, ventes, prestations (indiquer le montant par nature de ressource)

- Existence d’un secteur lucratif (préciser la nature de(s) (l’)activité(s) lucrative(s) – la répartition et le pourcentage des ressources par catégorie (dons et autres) affectées au secteur lucratif et non lucratif, la part respective des effectifs ou des moyens consacrés respectivement à l’activité lucrative et à l’activité non lucrative)

- Y a-t-il une sectorisation entre le secteur lucratif et le secteur non lucratif ? Préciser les modalités pratiques de définition de cette distinction (comptabilité distincte, affectation des ressources et des charges entre les deux secteurs)

VI – Observations complémentaires
Observations que vous jugerez utiles à l’appréciation de la situation de l’organisme au regard des articles 200 et 238 bis du code général des impôts.