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Spectacle et patrimoine culturel : quelles stratégies ?

Lundi, juin 22nd, 2009

Le blog Réseau de veille en tourisme est animé par une grande école québécoise et la chaire de tourisme Transat de l’université du Québec à Montréal (UQAM).

Loin de se cantonner à la stricte économie du tourisme, ce blog envisage avec éclectisme de nombreux aspects socioculturels et produit des analyses de fond sur les tendances actuelles de nos sociétés modernes dans le domaine des loisirs et de la culture.

Les dirigeants des associations de pratiques de loisirs et d’associations culturelles trouveront un intérêt certain à suivre ce blog. J’en veux pour exemple deux billets fort intéressants consacrés aux lieux culturels et aux lieux de mémoire qui intéresseront les responsables d’associations gestionnaires de ce type d’activités.

Un premier billet concerne une étude à propos de la motivation des individus qui fréquentent les spectacles et les lieux culturels. Publiée en novembre 2005, cette étude de la Wallace Foundation, une des plus importantes fondations américaines visant la promotion des arts, examine les motivations à l’origine de la fréquentation de certaines activités et sorties culturelles.
L’article est ici.
Un apport de cette étude est particulièrement intéressant :

Sur les cinq activités analysées, trois sont liées aux arts de la scène (théâtre, musique et danse). Pour ces dernières, la volonté de socialiser avec la famille ou les amis représente la motivation la plus souvent mentionnée par les participants (de 60% à 67,9%), suivie du désir de s’offrir des émotions et de vivre une expérience artistique de haute qualité.

J’ai été dirigeant bénévole d’une association gérant un théâtre privé. Notre programmation -toute entière consacrée au spectacle vivant- était assez “exigeante” et la fréquentation s’en ressentait. Nous avons décidé de coupler chaque spectacle avec un banquet (auquel participaient les artistes). L’effet sur la fréquentation fut immédiat ; dans les études de satisfaction, il arrivait même que les spectateurs avouent avoir préféré le diner au spectacle.

Un second billet est consacré au tourisme “sombre”. Les lieux de mémoire, ceux où l’on commémore des faits historiques dramatiques, les cimetières, les sites de catastrophe ont le vent en poupe, si l’on peut dire. Entre voyeurisme macabre et devoir de mémoire, les gestionnaires de ces sites doivent trouver un équilibre.

Le billet évoque l’exemple d’Auschwitz.

Quel est l’équilibre entre l’exploitation d’un site touristique et le respect dû à un lieu de drame ou de désastre? Telle est la question avec laquelle jonglent les exploitants de tels sites touristiques. D’ailleurs, le site d’Auschwitz annonçait en janvier un programme de modernisation qui mettra l’accent sur le destin des individus, l’héroïsme des victimes et la solidarité entre les prisonniers plutôt que sur l’exposition d’objets macabres.

L’article complet est là.

Augmenter le nombre des adhésions

Lundi, juin 22nd, 2009

Quelques principes de bons sens pour augmenter les adhésions.

Créer une base de données des adhérents

Pour prendre soin de ses adhérents, l’association doit adopter les techniques et les outils (mais pas l’esprit, nous sommes bien d’accord) du marketing direct. Il s’agit de se donner les moyens techniques de communiquer en toutes circonstances avec les adhérents. L’entretien d’une base de données permettant de distinguer les adhérents selon leur statut (tel qu’il est décrit dans les statuts) est indispensable. De nombreuses solutions existent : fonction du logiciel comptable, petits programmes dédiés, logiciels libres (Galette par exemple, que nous apprécions énormément sur ce blog).

Réserver des services exclusifs aux adhérents

Lorsque l’association s’adresse à un public indéterminé, elle doit réserver des avantages particuliers aux personnes qui font la démarche de la soutenir par leur adhésion. Lettre d’information, réduction sur les tarifs, manifestations spéciales, espace réservé sur le site internet, tout cela confortera le sentiment de vos adhérents qu’ils appartiennent à un club fermé et les renforcera dans leur fidélité.

Prévoir une cotisation spécifique pour les anciens usagers

Les bénévoles apprécient souvent de rester lié à l’association même lorsqu’ils n’y sont plus engagés. Cela suppose que la cotisation soit modeste ou qu’une cotisation particulière soit prévue pour les “anciens”.

Animer la communauté des adhérents

Cela peut se faire en réservant des avantages exclusifs aux adhérents. Mais d’une manière plus générale, il faudra installer une distinction entre les personnes qui se contentent de profiter des services de l’association et celles qui la soutiennent par leur adhésion, même s’ils n’ont pas d’autre engagement dans l’association. L’assemblée générale annuelle est le lieu privilégié pour initier cette animation.

Distinguer la cotisation d’adhésion du prix des services rendus aux usagers

Nous avons développé cet aspect dans un billet consacré aux exigences de l’article 200 du CGI. En clarifiant ce qui relève de l’échange marchand et ce qui relève du don, l’association installe une plus grande transparence.

Appliquer (si possible) l’avantage fiscal de l’article 200 du CGI

Les adhérents, surtout ceux qui sont imposables, seront toujours sensibles à la prise en charge par l’Etat d’une partie (significative) de leur effort financier. Après avantage fiscal, une adhésion de 30 € ne “coûte” au membre que 10 €.  Avant de délivrer des reçus fiscaux, assurez-vous toutefois que votre association, par son fonctionnement et ses activités, est bien habilitée à le faire.

Défiscaliser dons et cotisations

Lundi, juin 22nd, 2009

En application de l’article 200 du CGI, les sommes versées à des organismes d’intérêt général et qui correspondent à des dons et versements ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant dans la limite de 20 % du revenu imposable (au-delà l’excédent est reportable sur 5 ans). Cette mesure concerne aussi bien les dons effectués ponctuellement que les cotisations d’adhésion versées annuellement.

Un système avantageux

Comptez avec moi :

  • Adhésion : 30 euros
  • Réduction d’impôt : 20 euros
  • Coût pour l’adhérent : 10 euros
  • Rapport à l’association : 30 euros

On peut dire que l’association bénéficiant du régime de l’article 200 peut obtenir un financement public par l’intermédiaire des adhérents qui acquittent l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, il est possible de multiplier par 3 le montant de la cotisation d’adhésion sans que cela pèse sur les adhérents.

Pour justifier des versements auprès du fisc, les organismes concernés par l’article 200 doivent transmettre au contribuable un reçu en deux pages, conforme au modèle CERFA 11580*3 (en téléchargement ici). Ce certificat comporte désormais une déclaration sur l’honneur à souscrire par les dirigeants.

Seules les associations répondant strictement aux conditions de l’article 200 sont habilitées à délivrer des reçus fiscaux. La délivrance aux donateurs, par les associations, de reçus irréguliers est sanctionnée par l’amende prévue à l’article 1768 quater du CGI, soit une amende de 25% des montants ayant donné lieu à délivrance des certificats.Avec mon titre racoleur, j’ai bien conscience de jouer avec le feu. Pour cette raison, avant d’encourager les associations à exploiter le filon “article 200″, il faut rappeler précisément les conditions limitatives d’application de ce régime.

Une régime avantageux mais d’application stricte

Le bénéfice de cette disposition est réservé aux organismes dont la gestion est désintéressée et qui présentent un caractère d’intérêt général au sens de l’article 200 précité, c’est-à-dire les associations ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, notamment à travers les souscriptions ouvertes pour financer l’achat d’objets ou d’oeuvres d’art destinés à rejoindre les collections d’un musée de France accessibles au public, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.

Première condition impérative : l’absence de contreparties

Pour ouvrir droit à cet avantage fiscal, le versement ne doit pas avoir de contrepartie. Toutefois, l’administration admet que les contreparties modestes, telles que la remise de divers objets, le service d’une revue etc., ne remettent pas en cause la réduction si une proportion de 1 à 4 entre la valeur du bien et le montant du don est respectée et si la valeur du bien ou du service ne dépasse pas 60 euros