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Placer la trésorerie de l’association

Lundi, juin 22nd, 2009

Placer la trésorerie et les excédents, une mesure de saine gestion

Commençons donc par rappeler que rien n’interdit à l’association loi 1901 d’effectuer des placements financiers. Tout au plus, l’instruction fiscale de 2006 précise que :{+}

il est légitime qu’un organisme non lucratif dégage, dans le cadre de son activité, des excédents, reflets d’une gestion saine et prudente. Cependant, l’organisme ne doit pas les accumuler dans le seul but de les placer. Les excédents réalisés, voire temporairement accumulés, doivent être destinés à faire face à des besoins ultérieurs ou à des projets entrant dans le champ de son objet non lucratif.

La règle fiscale impose que la thésaurisation ne soit pas une fin en soi. Les excédents, qu’ils soient temporaires ou définitifs, doivent être destinés à faire face à des besoins ultérieurs (excédents de trésorerie) ou à des projets (constitution de réserves).

Dès lors qu’elle dispose de liquidités en attente d’affectation, l’association a tout intérêt à les placer ; cela relève à mon sens de la gestion “en bon père de famille” qui est attendue des dirigeants associatifs.

Les placements de l’association 1901, des placements de “bon père de famille”

En ce qui concerne le choix des placements, quelques principes de bon sens doivent être rappelés.

Tout d’abord, les placements choisis doivent présenter une sécurité absolue contre le risque de perte en capital. Il serait contraire aux principes de gestion du bon père de famille de faire encourir le moindre risque aux fonds de l’association. Seront donc bannis les placements à caractère spéculatif (actions, OPCVM actions) mais aussi tous ceux qui présentent un risque en capital jusqu’à l’échéance du placement (Obligations et OPCVM obligataires).

Dans cette optique, les seuls placements acceptables sont les produits réglementés, le livret essentiellement, ou des placements bancaires contractuels (bon de caisse et certificat de dépôt négociable).

Le second principe à intégrer relève des réflexes basiques de la gestion de patrimoine et consiste à adapter la durée du placement à la nature des sommes épargnées. Les placements longs (ou à échéance fixe), c’est-à-dire ceux qui ne sont pas parfaitement liquides, doivent être réservés aux associations qui disposent de réserves inscrites au passif du bilan (par exemple, réserves affectées à un projet à moyen terme ou au renouvellement des immobilisations).

Les excédents temporaires de trésorerie seront quant à eux placés sur un produit totalement liquide, le livret ou à la rigueur des OPCVM monétaires, qui permettra à l’association de récupérer son argent à tout moment sans encourir de pénalisation.

Le livret défiscalisé, placement de référence pour l’association loi 1901

Distribué par l’ensemble des réseaux bancaires depuis le 1er janvier 2009, le livret défiscalisé (ancien livret A des Caisses d’Epargne ou livret Bleu du Crédit Mutuel) constitue le placement idéal pour les associations. Le plafond de 76.500 € est suffisant pour accueillir l’épargne de la plupart des structures. Les intérêts versés ne supportent aucun impôt (à condition que l’association ne soit pas assujettie aux impôts commerciaux).  Les sommes placées sur un livret sont disponibles au jour le jour et bénéficient de la garantie des pouvoirs publics.

Privilégier la capitalisation

Si l’association souhaite effectuer d’autres placements, elle privilégiera les placements dits “de capitalisation” plutôt que ceux de distribution, et cela pour des raisons fiscales. Les produits de capitalisation ne distribuent pas de revenus pendant la durée du placement ; la rémunération est versée lors de la revente du produit sous forme de plus-value.

Nous avons dit ici que les associations non assujetties aux impôts commerciaux bénéficiaient d’un régime de faveur pour l’imposition de leur épargne, avec notamment l’exonération des plus-values.  Les revenus tirés de produits de capitalisation (par exemple, les OPCVM monétaires) échapperont donc à toute fiscalité.

Comment identifier le bon interlocuteur (services de l’Etat) ?

Lundi, juin 22nd, 2009

Nous avons déjà signalé dans ces colonnes que la plupart des petites et moyennes structures ne bénéficient d’aucune subvention.

Cette faible dilution des aides de l’Etat versées au tiers secteur s’explique notamment par la difficulté des associations à cibler le bon interlocuteur parmi des administrations nombreuses dont la typologie des activités n’est pas toujours très lisible. Découragées par une organisation (exagérément) décrite comme byzantine, de nombreuses associations renoncent à solliciter le soutien des pouvoirs publics, alors que leur action leur permettrait de prétendre à une subvention.

Comment identifier le bon interlocuteur ? Comment formuler les chantiers de l’association de manière cohérente, par rapport aux objectifs de politique publique ? Comment documenter l’utilité sociale du projet associatif ? Autant de questions qui restent souvent sans réponses.

Ce handicap devrait désormais être surmonté plus facilement. Depuis la Loi Organique sur les Lois de Finances (LOLF), toute action de l’Etat et de ses administrations est formulée par écrit, codifiée de manière précise, et cela quel que soit le secteur ou l’échelon concerné.

Avec la LOLF, les pouvoirs publics affichent désormais de manière explicite les objectifs qu’ils poursuivent, leurs modes d’action et les résultats obtenus ; l’objectif est de rationaliser l’action publique et de la rendre plus transparente aussi. Le financement étatique du secteur associatif n’échappe pas à cette nouvelle exigence : toute subvention attribuée à une association 1901 doit trouver sa légitimité dans une mission de service public, un programme ou une action mené par l’administration dispensatrice de la subvention.

Cette meilleure lisibilité de l’action publique facilite la recherche de partenariats avec les administrations centrales et les services déconcentrés de l’Etat. Pour trouver un partenaire ou monter une demande de subvention, les documents de présentation des grandes missions de l’Etat et de ses programmes d’action constituent une ressource précieuse.

Commencez par vous positionner dans la typologie budgétaire. Le budget est structuré en missions, programmes et actions.

La mission, ministérielle ou interministérielle, est “un ensemble de programmes concourant à une politique définie”.

Les programmes sont les regroupements de “crédits destinés à mettre en oeuvre une action ou un ensemble d’actions relevant d’un même ministère et auxquels sont associés des objectifs précis, définis en fonction de finalités d’intérêt général, ainsi que des résultats attendus et faisant l’objet d’une évaluation”.

Les actions décrivent le contenu du programme et regroupent des crédits ayant la même finalité.

Regardez par exemple ici dans la présentation synthétique de la mission Santé, avec son découpage en trois grands programmes se répartissant près de 400 millions € de crédits :

- Le programme « Santé publique et prévention » vise à assurer le pilotage de la politique de santé publique et à développer la prévention sanitaire et d’éducation à la santé, sous l’autorité de la direction générale de la santé.
- Le programme « Offre de soins et qualité du système de soins » a pour finalité d’adapter le système de soins à la demande, dans le respect des contraintes d’environnement juridique, économique et sanitaire. Il est piloté par la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins.
- Le programme « Drogue et toxicomanie » vise à réduire l’offre et la consommation de drogue dans notre pays, sous l’impulsion de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT), rattachée au Premier ministre.

Le candidat à un financement d’Etat doit être capable de situer son projet associatif dans le sillage des pouvoirs publics. Les documents LOLF seront d’un précieux soutien pour identifier les objectifs des politiques publiques et formuler les chantiers de l’association en cohérence avec eux.

Le répertoire des missions, programmes et actions de l’Etat est en ligne ici sur finances.gouv.fr.

10 erreurs à éviter dans votre demande de subvention

Lundi, juin 22nd, 2009

Voilà un petit florilège (qui n’a rien d’exhaustif) des motifs pour lesquels le fonctionnaire peut décider de ne pas faire confiance à votre association.


1/Le projet présenté n’entre pas clairement dans l’objet de votre association

Le projet proposé doit entrer clairement dans l’objet associatif, tel qu’il est décrit par les statuts. L’action envisagée ne doit rien avoir d’exotique par rapport au “métier” statutaire de l’association. C’est pour l’administration une condition indispensable, car il en va de la sécurité juridique du partenariat mis en place.

2/Le projet présenté est démesuré par rapport aux capacités de votre structure

En examinant votre dossier, le fonctionnaire se demandera si votre structure a les capacités à conduire le projet envisagé. Pour cela, il se livrera à un inventaire des ressources humaines, techniques et financières dont vous allez disposer. Un projet disproportionné est souvent voué à l’échec et il risque de mettre en danger l’association elle-même.

3/Votre association ne présente pas suffisamment de garanties de pérennité financière

En lisant les comptes de votre association, le fonctionnaire ne doit pas avoir le sentiment que la subvention demandée est le ballon d’oxygène de la dernière chance. Votre structure financière doit présenter un minimum de garantie de pérennité, sinon l’administration a l’impression désagréable de soutenir à bout de bras une structure moribonde.

4/Le projet présenté ne cadre pas avec les objectifs de la politique conduite par le service sollicité

C’est le défaut du “hors sujet”. L’administration à qui vous soumettez votre projet a des objectifs bien précis dans le domaine dont elle a la charge. Regardez ici comment, grâce à la LOLF, cadrer précisément votre action avec les missions fondamentales de l’Etat.

5/Le projet présenté ne repose pas sur un diagnostic sérieux de la situation que vous prétendez traiter

Plus que l’intérêt intrinsèque du projet, c’est d’abord la qualité du diagnostic que vous formulez qui sera prise en compte. Votre diagnostic doit montrer que vous connaissez les problèmes et le terrain sur lequel vous allez être actif. Attention à ne pas motiver votre dossier avec des grandes considérations théoriques et générales ; c’est l’échec assuré.

6/Votre association ne démontre pas sa capacité à mobiliser toutes les ressources nécessaires au succès du projet

Si le “pourquoi” est important, le “comment” l’est tout autant. décrivez de manière précise ce que vous allez faire et comment vous allez le faire. Vous êtes également évalué sur votre capacité à mettre en oeuvre les moyens humains, techniques et financiers requis par votre projet.

7/La finalité du projet et ses objectifs opérationnels ne sont pas suffisamment précisés

De trop nombreux projets restent dans le flou quand il s’agit d’aborder les résultats concrets de l’action envisagée. Vous devez indiquer de quelle manière vous évaluerez le succès relatif de votre projet, quels seront les critères de pilotage de l’action (nombre de personnes prises en charge, quantité de propsectus distribué, couverture d’un territoire géographique, etc).

8/Vous aviez l’intention de conduire le projet seul, sans partenaires

Sauf si vous êtes une structure importante disposant de nombreuses ressources internes, le succès de votre projet dépendra certainement de la qualité et de l’implication des partenaires que vous aurez su mobiliser. La participation d’une collectivité locale à votre action, le soutien de tel ou tel organisme spécialisé sont toujours des gages de réussite.

9/Vous ne disposez pas en interne des compétences et de l’expérience nécessaires pour le type d’action proposé

Ne vous lancez pas dans des chantiers “exotiques” pour lesquels votre association sera complètement tributaire de ressources extérieures.

10/L’évaluation financière du projet manque de crédibilité

Votre “devis” est manifestement gonflé ou bien au contraire, outrageusement sous-évalué. C’est toute votre crédibilité qui est remise en cause.