Quel que soit le futur “métier” de votre association, il vous faudra trouver un modèle économique adapté et plus ou moins pérenne. De nombreuses associations (surtout parmi les plus petites) fonctionnent sans argent (ou quasiment). Leur modèle socio-économique repose alors exclusivement sur la ressource procurée par le(s) bénévole(s), l’engagement et l’énergie d’individus motivés.

Fonctionner sans échange d’argent

C’est le modèle le plus pur d’association mécénale (voir plus bas) où les bénévoles procurent l’unique et suffisante ressources des activités associatives.
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Imaginez une association où quelques bénévoles accompagnent des demandeurs d’emploi dans les locaux prêtés par la mairie. L’objet et les activités consistent à procurer un accompagnement pédagogique à des chômeurs “longue durée” ; elle n’a besoin d’argent, ni d’organiser des flux financiers ; juste des gens compétent qui consacrent un peu de leur temps.

Si la situation s’y prête, rien n’empêche de fonctionner sans argent. De nombreuses activités collectives n’entrainent pas ou peu de frais. On peut également imaginer que les menues dépenses entrainés par les activités soient financés par les bénévoles qui renoncent ensuite à leur remboursement. On évitera ainsi l’ouverture d’un compte bancaire. Par contre, il sera intéressant de tenir malgré tout une comptabilité documentant les apports des bénévoles.

En revanche, dès que les activités associatives entraînent des flux financiers (à destination ou en provenance de l’association), il faut réfléchir à son modèle économique. Si l’association expose des dépenses pour fonctionner, elle doit pouvoir les couvrir avec les recettes.

Selon le modèle économique de votre association, vous devrez être en mesure d’équilibrer le budget, année après année.

Si votre association est amenée à se procurer des recettes (pour couvrir ses dépenses), il existe trois positionnements possibles pour votre association.

L’entreprise associative

Que vous organisez des séances, des cours, des évènements artistiques ou culturels, que vous vous rendiez éventuellement au domicile des personnes (soutien scolaire, aide à domicile), votre association peut demander aux usagers de participer financièrement aux coûts du service rendu.Votre association rend des services à des personnes solvables. Vous disposez d’un public plus ou moins large de personnes, des “clients” de l’association ou usagers qui participent aux activités de l’association contre une adhésion ou le versement d’une somme forfaitaire.

Lorsqu’elles s’adressent largement à un public d’usagers qui bénéficie des services rendus par la structure, les usagers/simples adhérents sont souvent les premières parties prenantes de l’association, au moins sur le plan numérique, et même s’ils ont un comportement de “pure consommation”.

Selon vos activités, vous vous retrouverez peut-être en concurrence avec des entreprises du secteur marchand. Si les volumes deviennent importants, il y a fort à parier que vous supportiez des obligations fiscales. Si vous développez ces activités pour financer une cause généreuse, il faudra respecter certaines conditions pour prétendre à des exonérations fiscales.

L’association mandataire des pouvoirs publics

De nombreuses associations interviennent dans la vie quotidienne comme auxiliaire des pouvoirs publics, portant des missions d’intérêt général, voire de véritables services publics. Il s’agit de structures importantes, disposant de salariés, d’un budget de fonctionnement élevé. Souvent ces associations ne se rémunèrent pas auprès des usagers, le service étant rendu gratuitement.

200 à 300.000 associations en France perçoivent des subventions publiques. Même s’ils ne couvrent que très rarement la totalité du budget, les fonds publics sont pour de nombreuses associations partenaires des pouvoirs publics la principale source de revenus. De nombreuses associations sont partenaires des pouvoirs publics, soit qu’elles portent des équipements d’intérêt général (éducation, santé, médico-social, équipements sportifs et culturels), soit qu’elles conduisent des missions de service public (loisirs et éducation, justice, famille, accès aux droits, logement, animation socioculturelle).

Les petites associations et les associations de création récente n’accèdent pas aux subventions d’Etat, ou de manière très marginale. Sauf exception, vous n’envisagerez pas ce modèle pour lancer votre projet.

En revanche, le projet associatif peut parvenir à s’ancrer dans son territoire et interpeller la communauté dans laquelle il s’insère. Lorsque la petite association de membres voit son rayonnement augmenter, sa présence dans le territoire finit par relever de l’intérêt général local. Les collectivités locales constituent bien la première source de recettes publiques des associations. D’autres associations se réclament de ce même intérêt général pour faire appel à la générosité du public et bénéficient à ce titre d’avantages fiscaux, financés par le budget de l’Etat.

Lorsque l’association bénéficie d’un régime exorbitant ou qu’elle porte une mission d’intérêt général, la collectivité au sens large doit bien être comptée au nombre des parties prenantes du projet associatif.

L’association “mécénale”

Caractéristique des grandes associations faisant appel à la générosité du public, ce modèle repose sur la collecte de dons financiers, plus rarement en nature, auprès du public pour financer des chantiers au service de la cause associative. On le retrouve aussi dans les petites associations de solidarité. Il s’agit d’associations philanthropiques de proximité, distribuant des secours sur une base locale, mais aussi des nombreuses micro-ONG qui portent des projets de solidarité internationale.