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Comment gérer en bon père de famille ?
Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir.
Lorsque l’association démarre et tout au long de son existence, les dirigents sont tenus de gérer les finances en bon pères de famille. Cela entraine pour eux quelques obligations. Rassurez-vous : rien de bien compliqué, surtout du bon sens….{+}
Etablissez et respectez votre budget
Que votre budget pèse quelques centaines d’euros ou des dizaines de milliers, c’est le moment d’adopter une taille de guêpe. Identifiez les postes de dépenses qui vont peser sur votre structure, mobilisez les bénévoles responsables des achats de l’association. Vous n’avez pas d’idée de ce qui est nécessaire pour fonctionner : adoptez la technique du budget base zéro qui consiste à partir « de zéro » pour se demander quelles dépenses sont réellement indispensables au fonctionnement de votre association.
Privilégiez la flexibilité
En période de lancement, la gestion prudente exige de réduire les charges fixes ou -au moins- d’éviter de les augmenter. Tant que l’horizon financier de votre association n’est pas dégagé, décalez dans le temps toutes les décisions qui auraient pour conséquences d’augmenter les charges fixes de la structure : embauche en CDI, nouveaux abonnements, crédits bancaires, etc…
Si vous n’avez pas le choix (mais vous l’avez certainement), privilégiez des durées courtes pour vos engagements.
Affichez clairement la couleur auprès de vos partenaires
A ce moment précis, vous devez pouvoir compter sur vos partenaires, amis, familles, proches qui se sont engagés à “donner un coup de main”. C’est le moment où jamais pour mobiliser les énergies et/ou les soutiens financiers de vos membres. Alors soyez direct et ne tournez pas autour du pot ; vous gagnerez en effiacité et en confiance de la part de vos interlocuteurs. Un coup de fil, une visite improvisée, faites-vous voir et dans la conversation, essayez de « calibrer » les projets de vos parties prenantes (futurs bénévoles, donateurs, partenaires institutionnels), leurs appréhensions, dans quelle mesure la crise peut impacter leur politique à votre égard.
Jouez « collectif et solidaire »
A propos des finances de votre association, deux attitudes s’offrent à vous : le repli sur soi ou, au contraire, la transparence. Parce qu’elle réunit un groupe de personnes partageant des valeurs ou des intérêts communs, l’association est le lieu privilégié pour parler différemment de l’argent et instaurer de nouvelles solidarités. Réfléchissez donc à la politique tarifaire de l’association : n’est-ce pas le moment de travailler à un système de quotient familial ou à une modulation tarifaire en fonction de la situation personnelle ? N’existe-t-il pas certains avantages dont l’association pourrait faire bénéficier ses membres (dans le respect des statuts, évidemment) ? Les publics touchés par l’association ne peuvent-ils pas être élargis à des catégories fragilisées par la crise ? Les activités associatives ne peuvent-elles inclure une nouvelle dimension de solidarité avec les personnes, adhérentes ou pas ?
Identifier votre réseau
Dans de nombreux secteurs déjà touchés par la raréfaction des financements publics, un mouvement de restructuration est à l’oeuvre. Les associations se regroupent, fusionnent, mettent en commun moyens et/ou activités. C’est d’autant plus nécessaire que votre activité est peut-être encore fragile.
Vous-aussi, imaginez des alliances et identifiez les soutiens dont vous pouvez bénéficier. Renseignez-vous à propos du paysage associatif de votre région, découvrez les structures qui ont des activités identiques aux vôtres et allez à la rencontre des dirigeants de structure voisines par affinités ou proximité géographique.
Faire face à l’inconnu …
Si vous vous lancez vraiment dans l’inconnu, il est indispensable d’adopter une extrême prudence en matière de finances. Fonctionnez toujours sur la base d’ un scénario-catastrophe et n’anticipez aucune recette, à moins qu’elle ne soit absolument certaine dans son prinicpe et son montant.
Capitaliser sur la dynamique bénévole des premiers temps
En période de lancement de projet, le principal danger, c’est l’inactivité qui décourage les initiatives et démotive les personnes. Faites en sorte dans votre association de ne pas vous épuiser en discussion mais aussi de consacrer les bénévoles à l’accomplissement de taches concrètes et matérielles. Une fois les mesures prises pour sécuriser le fonctionnement financier, attachez-vous à installer le mode de fonctionnement qui a fait le succès de votre association : « dans la joie et la bonne humeur ».


